Projet de naissance

Répandu en Grande-Bretagne et peu connu en France, le projet de naissance est une pratique recommandé par l’OMS. Ecrire un projet de naissance peut réellement être utile. Qu’est-ce qu’un projet de naissance ? C’est un document écrit que les futurs parents transmettent à la maternité et dans lequel ils indiquent leurs souhaits pour l’accouchement, l’accueil du bébé, le séjour en maternité.

Objectifs du projet de naissance

Elaborer un projet de naissance permet aux parents de s’informer, de réfléchir à leurs souhaits, d’être acteur de la naissance de leur enfant. Les équipes soignantes et médicales ne vous connaissent pas, c’est pourquoi le projet de naissance leur permet de mieux répondre à vos attentes dans la mesure du possible : c’est un moyen qui permet d’instaurer un dialogue, un échange et une véritable écoute.

Aussi, ouvrir la discussion avec votre conjoint renforce vos liens et concrétise ce projet à deux. Elaborer ce projet de naissance développe vos compétences parentales (surtout s’il s’agit de votre premier enfant) et vous aide à maitriser vos angoisses ou éventuelles peurs.

Comment procéder ?

Vous pouvez aborder le sujet dès le deuxième trimestre de votre grossesse avec le personnel de maternité. Garder en tête qu’il s’agit d’un outil de dialogue uniquement, que cela ne vous permettra pas de vivre l’accouchement de vos rêves. Ce document répond à l’article L.1111-4 du Code de la Santé Publique mais n’a aucune valeur légale. Rédiger votre projet de naissance et remettez-le à l’équipe qui vous suit (certain hôpitaux proposent des dossiers pré-remplis). Profitez-en pour échanger avec l’équipe sur les différentes pratiques et actes afin de faire vos choix. En cas d’urgence obstétrique vos souhaits ne seront probablement pas respectés (et heureusement pour vous et votre bébé !). D’autre part, certains souhaits ne peuvent parfois pas être appliqués, par exemple : vous souhaitez accoucher dans l’eau mais l’hôpital n’est pas équipé pour un tel type d’accouchement. Enfin, si malgré tout vous vivez mal votre accouchement, ne restez pas sur une déception : vous pourrez toujours en discuter ultérieurement avec l’équipe afin de comprendre les raisons de tel ou tel acte.

Projet de naissance : exemples

Projet de vie pour votre bébéQuel projet de naissance pour le père ?

  • Etre présent à toutes les étapes de la naissance.
  • Couper le cordon ombilical après qu’il ait arrêté de battre.
  • Lui poser sa première couche (et pourquoi pas une couche lavable ?), l’habiller.
Quel projet de naissance pour vous ?
  • A priori, pas d’anesthésie péridurale.
  • Ne pas accélérer le processus physiologique de l’accouchement ou bien le ralentir artificiellement (sauf si la santé de votre bébé ou la votre le nécessite).
  • Peu de touchers vaginaux/si possible avec la même personne.
  • Pouvoir marcher et choisir votre position durant le travail. Si un suivi au monitoring est nécessaire, voir s’il y a la possibilité qu’il soit ambulatoire ou discontinu.
  • Que tout soit mis en œuvre pour éviter une épisiotomie/prendre le risque d’une déchirure.
  • Une fois les épaules de votre bébé sorties, sortir le bébé vous-même (ou son papa) et le déposer sur votre ventre (si sa santé le permet).
  • Privilégier une séance de peau-à-peau, remettre à plus tard les soins qui peuvent attendre.
  • Mettre au sein votre enfant dès la salle de naissance.
Quel projet de naissance pour votre bébé ?
  • Demander que le cordon ombilical soit clampé une fois qu’il a cessé de battre.

Pourquoi ? Le fait d’attendre la fermeture spontanée des vaisseaux sanguins du cordon permet à l’enfant de bénéficier d’un apport sanguin optimal pour sa santé. Toutes les études sérieuses sur le sujet concluent à la nocivité de la section précoce du cordon, qui est responsable d’hypoxie, d’ischémie (diminution apport sanguin vers organe), d’encéphalopathies (atteinte de l’encéphale) éventuellement mortelles, de paralysie spastique, d’anémie, ou de troubles neurologiques mineurs apparaissant à long terme.

9 études portant sur 531 enfants répondaient aux critères de sélection de cette analyse. Pour ces études, le temps écoulé entre l’accouchement et la section du cordon allait de 3 mn à jusqu’au moment où il n’y avait plus de pulsations dans le cordon. Les enfants chez qui la section du cordon avait été tardive ne présentaient pas un taux plus élevé de polycythémie (cellule dans le sang) ou d’ictère (jaunisse). Ces enfants avaient aussi une prévalence plus basse d’anémie, et le taux d’allaitement était plus élevé à 2 mois. Dans 7 études randomisées portant sur des prématurés, les avantages d’une section tardive du cordon (lorsqu’il avait cessé de battre) étaient encore plus net : les enfants avaient un hématocrite et un taux d’hémoglobine plus élevé, une pression sanguine plus stable, un meilleur volume sanguin, une adaptation cardio-pulmonaire plus rapide ; ils avaient besoin d’une oxygénation et d’une ventilation assistée pendant moins longtemps que les enfants chez qui le cordon avait été coupé rapidement, et ils ont nécessité moins de transfusions.

Couper immédiatement le cordon à la naissance peut abaisser de 50% la quantité de globules rouges reçue par l’enfant, et induire un certain nombre de problèmes à court et à long terme.

  • Eviter dans la mesure du possible l’aspiration systématique des sécrétions en salle naissance. Cette pratique est utile dès lors qu’il y a présence de méconium dans le liquide amniotique ; ainsi cela évite que le méconium passe dans ses poumons.

Pourquoi l’éviter ? Parce qu’il n’est pas nécessaire d’aspirer chaque enfant, c’est un acte intrusif, douloureux, qui perturbe le réflexe de succion (une étude suédoise menée sur le sujet a montré que les bébés aspirés avaient plus de mal à prendre le sein spontanément). Le contenu gastrique aspiré aide à maintenir la glycémie du nouveau né. L’aspiration peut provoquer des inflammations de l’œsophage chez 50% des bébés, causer des fissures ou des lésions de la muqueuse, des bradycardies et des apnées réflexe … Ces risques sont moindres lorsqu’on utilise une poire plutôt qu’un cathéter. Si le bébé est encombré, une poire peut suffire à aspirer les mucosités.

Parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme. Demandez quelles peuvent être les alternatives : vérifier la perméabilité de l’estomac et de l’œsophage en lui administrant du colostrum, dépister une éventuelle atrésie œsophagienne (= quand l’œsophage communique avec la trachée ; 1 cas sur 4 000) par échographie lors de la grossesse, …

Faut-il médicaliser la naissance ou accoucher naturellement ? L’essentiel est de trouver le juste équilibre entre anticiper les risques  et urgence médicale. Les hôpitaux tentent de réhumaniser la naissance cependant il reste des progrès à faire : les équipes médicales doivent réapprendre les gestes et veiller à ne pas pratiquer systématiquement des gestes « extrêmes », lorsque la situation le permet. Parlez-en avec votre sage-femme avant d’accoucher. Réappropriez-vous la naissance de votre enfant, instaurez un dialogue avec l’équipe médicale afin de mettre en place un véritable projet de naissance.

Ne pas utiliser comme unique source d’information. Se référer aux conseils de votre médecin.

Pour aller plus loin :

Sophie Gamelin-Lavois, Préparer son accouchement : faire un projet de naissance, Jouvence, 2006.

GM Morley, Lost causes, side effects. BMJ 2001 ; 323 : 1389. Stolzfus et al, Effects of iron supplementation and anthelmintic treatment on motor and language development of preschool children in Zanzibar: double blind, placebo controlled study. in BMJ 2001 ; 323 : 1389.

JS Mercer, Current best evidence : a review of the literature on umbilical cord clamping. J Midwifery Womens Health 2001 ; 46(6) : 402-14.

Autres liens :

AFAR

Doulas de France

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